
Ombres et visions
L’IMAGINAIRE MUSICAL DES ÉTATS-UNIS
Ce programme réunit cinq compositeurs nord-américains dont l’écriture, profondément ancrée dans la modernité, se tourne vers les zones où la musique devient image, vision ou récit intérieur.
Des énergies suspendues d’Arrows of Time de Richard Peaslee au théâtre expressif inspiré de Goya chez Anthony Plog, le trombone s’y affirme comme un narrateur singulier, capable aussi bien de puissance que de clair-obscur.
Quant à la Sonata — Secure. Contain. Protect. de James M. David, elle projette l’instrument dans un univers tendu et presque cinématographique, où la virtuosité participe à un geste dramatique aux frontières du fantastique.
Entre ces paysages contrastés, deux nocturnes pour piano seul ouvrent des espaces de transition et d’écoute intérieure. Le Nocturne de Samuel Barber, d’une élégance discrètement tourmentée, agit comme une respiration après l’intensité initiale, tandis que le Nocturne nº 4 de Lowell Liebermann révèle une nuit plus incandescente, traversée d’élans lyriques et de tensions sous-jacentes.
Loin de simples intermèdes, ces pages prolongent le fil imaginaire du programme en donnant voix aux zones plus secrètes et oniriques de ces esthétiques américaines.
Peu à peu se révèle un parcours où chaque œuvre ouvre une manière différente d’aborder l’invisible : le temps qui se déforme, les visions peintes, les ombres nocturnes et les mondes parallèles.
Trombone et piano y deviennent les passeurs d’un voyage intérieur où se croisent énergie, mystère, ironie et vertige — un véritable « imaginarium musical » des États-Unis.
Programme détaillé
• Richard Peaslee — Arrows of Time
• Samuel Barber — Nocturne, op. 33
• Anthony Plog — Three Themes on Paintings of Goya (mouv. 1–3–2)
• Lowell Liebermann — Nocturne nº 4, op. 38
• James M. David — Sonata — Secure. Contain. Protect.
~ 60 min